Harmony et Kobido

Par Vaia

 

22 novembre 2018

Je suis rentrée de vacances, la mine resplendissante, du bleu plein les yeux, la démarche nonchalante, presque dansante. Cet été j’ai même nagé pour la première fois avec des tortues, ça marque, ça chaloupe, ça inscrit des notes de reggae dans le cœur. Ca parlera à toutes celles qui, ont redécouvert Nemo, avec leurs progénitures, et la virée de ce poisson clown avec une colonie de tortues rasta… Bref, l’Océan, sa faune, les images de Disney persistantes… je suis restée quelques semaines, la paix au cœur.

Puis métro, boulot et pas beaucoup de dodo : le bleu a terni, a viré vers le gris. Mon teint aussi. Il a fallu que je trouve quelques petits trucs pour retrouver mon pétillement estival. En premier lieu, ne pas me faire peur le matin quand je me regarde dans le miroir. Ca commence par des choses simples comme arrêter de consommer tous les trucs qui vous grisent plus vite. Je ne fume pas, ça tombe bien. Quant au vin je vais déjà commencer par le choisir sans sulfite.

Puis on n’y échappera pas : l’incontournable soin du visage. Je suis tombée sur une pub pour les brosses pour le visage. Voici quelques propos descriptifs : « micro-oscillations. 310 mouvements/seconde. Efficacité et douceur. Utilisable sous la douche ». Donc on voit tous à quoi ça sert : ça nettoie mieux la peau. J’ai passé commande. Et premier effet kiss cool : ça rend plus heureux le matin. Oui, quand je rentre dans la salle de bain et que je vois la brosse sur le lavabo avec ses formes de jouet pour adulte : ça me fait rire. Et rire au réveil, ça n’a pas de prix, ça fait rajeunir même  ! Tous les mantras qu’on se partage sur facebook le disent. Quand j’actionne la brosse, ça donne un rythme nouveau au rituel du matin – car on dit rituel beauté et plus faire sa toilette – au bout de 3 X 20 seconde, j’ai en effet l’impression d’avoir une peau plus nette, un visage presque remodelé à force d’être stimulé par les brossages circulaires. Donc j’ai une brosse c’est pas mal, ça résout quand même pas tout.

A l’opposé de ça, j’ai eu la chance de recevoir un soin des mains d’Edye. Edye est praticienne de kobido, cet authentique massage du visage transmis par des maîtres japonais depuis le XVeme siècle. Cet art se perpétue, les  impératrices à qui il était dédié, aussi. Car, oui, surprise pour moi, j’ai appris qu’il y avait encore une impératrice au Japon. Mais aujourd’hui, nous aussi, avec zéro goutte de sang noble japonais, nous pouvons bénéficier de ce moment de détente privilégié.

Ce matin là, lendemain de fête d’Halloween – ça pose le décor et l’état de ma tête – je me rends chez Edye. J’allais à ce rendez-vous en confiance et le coeur ouvert. J’ai encore les couleurs d’automne en tête, les pavés de la cour et leur promesse d’origine : fait pour durer. Je suis installée chaudement. Elle se concentre. Le soin a commencé par un nouveau massage sculptural qu’Edye ajoute à sa pratique depuis cet été. Toniques, les mouvements s’ensuivent dans un enchainement rassurant. J’ai eu les joues tonifiées comme lorsque le froid vivifie ma peau, alors que je cours par une belle journée d’hiver. Rare moment. Edye parle d’un soin naturel à effet lifting… C’est même un peu plus que ça. Comme si les bonnes énergies circulaient, et en même temps les poids lourds s’évacuaient. J’en ai un beau sur la poitrine de poids qui s’est allégé à chaque passage d’Edye sur mon cou, ma nuque.

L’expérience que j’ai eue m’a fait l’effet d’une danse des rubans qui s’effectuait sur mon visage. Les doigts courent le long des sinus, les tempes, les racines des cheveux. La bonne pression d’une pleine présence, la douceur du toucher, la beauté même de cette chorégraphie des mains. Mes pensées se sont envolées, les mouvements m’hypnotisaient, le temps s’est arrêté. Cette première fois, ne sera pas la dernière. Edye, doit avoir le même âge que moi. Sur l’échelle de richter de la femme parisienne, nous sommes en pleine fleur de l’âge. Son teint frais, ses joues pimpantes, son air mutin… je la regarde et me dis, qu’elle détient là, le truc qui ne fait pas que détendre et lisser les traits, mais bien la clé d’un art de vivre.

 

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